Suivez mon regard : c’est bien le défi qui attend les acteurs de la télévision. Face à un utilisateur de plus en plus connecté et dont les yeux sautent d’un écran à l’autre, il semble qu’il faille devoir être partout à la fois…

Des comportements qui changent

Il y a en effet actuellement beaucoup d’acteurs potentiels en regardant l’avenir du second écran (second screen) et de la TV Sociale (Social TV) – et à juste titre – au vu des deux études UK publiées récemment d’Ofcom et Nielsen qui montrent des changements clairs dans le comportement des consommateurs. Pour rappel, le mode de consommation le plus utilisé est le mobile : selon Ofcom, 70 % des interrogés disent qu’ils ont utilisé leur Smartphone en regardant la télévision (41 % ont même répondu « tous les jours »). Plus de la moitié (54 %) ont déclaré surfer sur Internet en même temps.

Dans le même temps, la dernière enquête Nielsen sur les propriétaires d’appareils connectés montre que près de la moitié des utilisateurs de smartphone (46 %) et de tablette (43 %) déclarent utiliser quotidiennement leurs appareils en second screen alors qu’ils sont devant leur téléviseur. Côté Social TV, selon la dernière étude Médiamétrie 80 % des internautes sont inscrits sur un réseau social, et près de 1 sur 5 a commenté des programmes de télévision au cours du dernier mois.

La mort du spot de 30 secondes ?

Évolution remarquable donc, en si peu de temps, et qui, outre les changements sociaux qu’elle implique, risque de peser lourd dans la balance économique. Selon Forbes , c’est 500 milliards de dollars qui sont en jeu à l’heure de la rencontre entre Internet et la télévision. Le développement de ces canaux est une menace directe pour les spots publicitaires de 30 secondes et le modèle de la télévision commerciale du fait que les utilisateurs ne les regardent plus en raison de leur nouvelle fixation sur des appareils mobiles – un bon moyen d’échapper aux publicités sans intérêt.

Ajoutez qu’en plus la publicité devient « skippable », la fragmentation des publics en raison de l’augmentation du volume de contenu sur le web, la multiplication des chaines et la bataille pour le temps de loisirs avec les jeux vidéos, il devient alors difficile de garder l’attention de la masse et de l’atteindre. Or, c’est exactement ce pour quoi les marques paient quand elles financent la publicité à la télévision.

Place aux nouveaux acteurs

Dans ce contexte, les nouveaux arrivants sont souvent plus agiles et agressifs dans leur approche du second écran et de la Social TV. Ils déploient beaucoup d’efforts vers cette nouvelle mine d’or qui semble représenter le futur de la télévision. Dans ce contexte extrêmement concurrentiel et où il ne faut pas rater le tournant, la télévision se réinvente, alors qu’on la croyait sur le déclin. En étant performant sur ces mutations, les acteurs du secteur (à nous de jouer !) me pousseront j’espère dans quelques mois à écrire à propos de la télévision hexagonale : la télé est morte, vive la télé !

Guillaume Mikowski

Tribune publiée sur Les Echos